Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 23:57



Nous sommes au Paléolithique inférieur. Cette époque constitue la plus longue et la plus ancienne des périodes de la préhistoire. L'Homo-Antecessor entre en Europe alors que l'Homo-Erectus file en Asie. L'Home-Antecessor est le descendant direct de l'Homo-Ergaster, lui-même cousin de l'Homo-Habilis. Tout deux descendent des Australopithèques. Vous suivez?

Revenons à nos moutons avec l'Homo-Antecessor. Il conquiert toute l'Europe Méridionale. Son descandant, l'Homo-Heidelbergensis va plus loin. Il remonte vers le Nord à partir de 600 000 av. JC. Il pénètre sur le territoire actuel de la Bourgogne vers 200 000 av. JC. L'Homo-Heidelbergensis (photo) est alors plus évolué que l'Homo-Erectus qui migre toujours en Asie. Il a un cerveau plus gros, de plus petites dents, une mâchoire moins puissante mais plus allongée, des arcades sourcilières plus petites et un front plus élevé. Il est une avancée vers l'Homo-Sapiens.

Mais l'Homo-Heidelbergensis était un grand chasseur. Il n'hésitait pas à s'attaquer au gros gibier comme par exemple l'ours alors présent sur les terres de l'actuelle Bourgogne. Mais certains individus de cette espèce étaient encore cannibales et les affrontements étaient nombreux entre les différentes tribus d'Homo-Heidelbergensis. Malgré le fait de parler un langage rudimentaire, il était différent pour chaque tribu ou famille. D'où une difficulté pour se comprendre. L'Homo-Heidelbergensis chassait ou se battait avec des épieux qui pouvaient atteindre 2m50!!! La pointe était souvent un biface (les bords coupent et sont de plus en plus fin lorsque l'on approche de l'extrémité) ou un hachereau (extrémité pointue et coupante, réalisée grâce à des éclats). Tout comme les outils en silex, ils étaient réalisés grâce aux retouchoirs (des os utilisés pour tailler la pierre).

En Bourgogne à cette époque, hormis les ours des cavernes, on trouve aussi des rhinocéros, des mammouths et le terrible lion des cavernes, le plus gros félin de tout les temps (3m50 de long!!!!). Malgré tout, les Homo-Heidelbergensis s'installent dans la future Bourgogne, en particulier dans les grottes d'Azé (présence de nombreux squelettes d'animaux chassés à l'époque, voir photo ci-dessous) et d'Arcy-sur-Cure. A cette époque, l'Homo-Heidelbergensis se contente de rester à l'entrée des grottes qui servent juste d'abri sous roche.




Entre 250 000 av. JC et 200 000 av. JC, l'Homo-Heidelbergensis laisse place à son descendant: l'Homme de Néandertal (voir photo en dessous). Cette espèce d'Homme fait à peu près la taille de l'Homme actuel, mais il est beaucoup plus robuste! Son front est fuyant, son menton inexistant, il est souvent roux et a une peau très blanche. Par rapport à ses ancêtres, son cerveau a encore grossi et ses dents sont plus petites. Il est le premier homme (avec l'Homo-Sapiens) à être vraiment doué de parole! Désormais, on enterre ses morts et on garde son cuir chevelu. Cet excellent chasseur n'est plus cannibale et découvre même l'art: collecte de fossiles ou minéraux rares, peintures d'ocre sur le corps, dessins (traits ou formes géométriques) sur pierres et ossements.

http://medias.francetv.fr/bibl/url_images/2005/06/22/image_11745789.jpg

Les prochaines générations d'Homo-Préhistoricus-Bourguignon (belle invention non?) passent par ces excellents chasseurs (cheval, rennes, bisons ou aurochs).

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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 20:21

En 120 000 avant Jésus-Christ, nous sommes au paléolithique moyen. Les hommes de Néandertal vivent de la même façon qu'à la fin du paléolithique inférieur.


La grosse évolution se situe au niveau de l'outillage. L'Homme de Néandertal invente la Méthode Levallois. Avec cette méthode, on ne taille plus la pierre. On extrait l'outil d'une autre pierre taillée. De ce fait, la pierre a un côté taillé, et l'autre lisse. L'outil le plus utilisé grâce à cette méthode fut le moustérien (photo) qui servait à couper les végétaux ou à être emmanché (les Hommes de Néandertal travaillaient aussi le bois).


C'est lors de cette époque que vit le Bourguignon le plus ancien. En effet, à Genay (21) à la Montagne de Cra fut découvert des vestiges humains appartenant à un seul et même homme: un Homme de Néandertal que les archéologues ont estimés âgé d'une quarantaine d'années lors de sa mort.


Mais l'Histoire (ou préhistoire) allait connaître un grand virage avec l'arrivée prochaine de l'Homo-Sapiens qui marchent en direction de l'actuelle Bourgogne.

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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 19:05
Au Paléolithique supérieur, la Bourgogne est une grande toundra (photo). Le climat est rude. Lichens et mousses occupent le territoire tout comme les aurochs, chevaux, rhinocéros laineux, saïga, bison, rennes, mammouths, lion des cavernes, ours des cavernes, hyènes ou encore l'ours brun. Tout ceci constitue le repas de l'Homme de Néandertal. Mais un changement s'effectue malgré tout dans son mode de vie. A cause du climat, froid et sec, les grottes sont habitées et ne servent plus seulement d'abri sous roche.


Mais quelque chose va bouleverser le monde. Le climat se radoucie pendant quelques temps et certains Homo-Sapiens quittent le Proche-Orient pour rallier l'Europe. Avec eux, ils emmènent leur culture:
-hommes et femmes ont des parures beaucoup plus importantes et diversifiées que celles de Néandertal. On fabrique dorénavant des colliers avec des dents d'animaux ou des coquillages voire de l'ivoire et des bois de cervidés.
-le commerce (ou plutôt troc pour l'époque). Les différentes populations d'Homo-Sapiens s'échangeaient ce qu'elles avaient contre ce qu'elles ne connaissaient pas. La plupart du temps, il s'agissait de parures.
-les peintures murales.
-les statuettes, représentant hommes ou animaux (photo ci-dessous)
-des plaques de roches dures gravées.




L'Homo-Sapiens a dû intriguer Néandertal à son arrivée en Bourgogne. Physiquement ils sont différents. Culturellement, aussi. Ce sont-ils affrontés? Probable mais pas à grande échelle. Mais alors comment expliquer la disparition de l'Homme de Néandertal vers 29 000 av. JC, une disparition soudaine et brutale! Plusieurs facteurs peuvent expliquer la chose. Tout d'abord, il est possible que les Homo-Sapiens et l'Homme de Néandertal soient voisins pendant plusieurs milliers d'années. Ensuite, les deux espèces devaient être fécondables entre elles. Il serait donc né des "hybrides" à forte domination Sapiens. Petit à petit, Néandertal disparu de l'histoire.
Mais tout ceci a pu être "aidé" par des maladies inconnues de Néandertal, apportées par Sapiens, et dont il ne fut pas immunisé.
Toujours est-il que l'Homme de Néandertal disparaît pour céder sa place à l'Homme moderne: Homo-Sapiens.


C'est un véritable virage dans l'histoire de l'humanité. En Bourgogne, la Roche de Solutré et les grottes d'Arcy-sur-Cure sont toujours occupées. D'ailleurs dans cette dernière, on trouve des peintures à l'ocre et au charbon de bois: animaux (dont un magnifique Mammouth et un non moins fabuleux cerf), mains négatives (contours seulement et réalisées à la pipette). Les animaux eux aussi n'avaient que les contours de dessinés. Fait original de la grotte, le relief des parois était utilisé quand parfois il pouvait représenter des yeux, ou des bois de cervidés par exemple.

On sait aujourd'hui que ces peintures n'étaient pas décoratives puisque faites dans des grottes non habitées. Ce pourrait donc être des peintures religieuses.



Quand à la Roche de Solutré, elle voit naître une nouvelle forme de travail de la pierre: le solutréen (photo ci-dessous). Cette technique consiste à presser sur les bords pour tailler la pierre plutôt que des éclats. Cette technique naît vers la Roche de Solutré, à la Roche de Vergisson. Cette dernière servait d'habitation alors que la Roche de Solutré était un terrain de chasse (cheval, tigre des cavernes, renne, loup et éléphant), dépeçage et boucanage. Ce site de chasse était fortement apprécié grâce à ses restes d'éboulis au pied de la roche qui permettait de réaliser des pièges. L'animal le plus chassé était le cheval qui migrait en grand nombre de la Bresse et de la vallée de la Saône vers le sud.



De ce site (Solutré et Vergisson) est aussi né l'invention de l'aiguille à chas (ou à coudre) encore utilisée de nos jours. Elle était en bois ou en os et permettait de créer des vêtements en utilisant les peaux de bêtes. Mais une deuxième grande invention est originaire de Solutré: le propulseur. Il servait à multiplier la vitesse et la force de pénétration du projectile. Une sorte de prolongement du bras... Cet outil en bois de renne était souvent richement décoré.

A la roche de Vergisson sont aussi découvertes quelques tombes en dalles brutes.


Au fil du temps, l'Homo-Sapiens travaille de plus en plus l'os et invente alors le harpon.


C'est à ce moment-là que la vie des Hommes va changer, mais cette fois-ci ce n'est pas une nouvelle migration qui en est la cause.
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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /Nov /2009 23:36

Le climat se met à changer. La glaciation laisse place à un temps plus doux. La forêt gagne du territoire et la faune change complètement. Les rennes, ours des cavernes, mammouths, rhinocéros ou lion des cavernes disparaîssent pour laisser place au cerf ou au sanglier. L'Homme doit donc s'adapter: l'arc et la chasse à l'affut font leur apparition. Mais s'adapter demande parfois de changer de lieu d'habitation. La Roche de Solutré (photo du haut) est vidée de ses habitants.


Une nouvelle forme d'art apparaît lors de cette période au profit du Moustérien: l'Azilien. La principale caractéristique de l'Azilien est le galet peint (photo ci-dessous). Les peintures murales disparaissent pour un art un peu plus discret.




Alors que le climat se radoucie encore, l'Homme continue de s'adapter et plus vite sur une période aussi courte que l'épipaléolithique (période de l'article que vous lisez) que sur des périodes qui ont durées plus de 10 000 ans. Ce n'est que le début d'une évolution qui nous amène à ce que nous sommes aujourd'hui!
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 23:05

Le Mésolithique qui débute en 10 000 avant Jésus-Christ pour finir 1 000 ans plus tard est la période la plus courte de la préhistoire mais pas celle qui verra le moins de changements.


Bien que la Roche de Solutré et celle de Vergisson ne soient plus occupées, les Hommes restent sur le territoire Bourguignon. Ils ne sont pas encore sédentaires mais "voyagent" moins. En effet, avec la forêt, les ressources sont presque à domicile toute l'année. A l'ère glaciaire, il fallait suivre les mouvements des troupeaux... Les campements (photo) abandonnés à une saison sont désormais réoccupés l'année suivante.

C'est aussi de cette époque que datent les vrais contacts entre les groupes. Avant, ils se rencontraient assez peu fréquemment. Maintenant, ils se réunissent. Les groupes du territoire Bourguignon rencontrent souvent ceux du Sud-Ouest de la France. Ces échanges permettent comme auparavant d'échanger des matériaux ou de nouvelles techniques de chasse. Justement, parlons-en de cette chasse. Lors de ces regroupements, les différents groupes partaient parfois à la chasse ensemble pour des battues demandant un effectif important. Enfin nouveauté là aussi, lors de ces échanges, des unions sont réalisées entre un homme et une femme provenant de deux groupes différents. Dans quel but? Echange amical, politique ou après une aide d'un autre groupe? Les raisons peuvent être multiples.

Les échanges de progrès entre ces groupes entraînent d'autres progrès. En Bourgogne, les microlithes sont généralement en forme de trapèze. C'est la culture du Tardenoisien que l'on retrouve dans le centre de la France et le Sud du bassin Parisien.

Mais l'un des plus gros progrès de l'Homme au Mésolithique est la diversité de l'alimentation. Dorénavant, les petits mammifères sont aussi la cible des flèches! Et on peut aussi y ajouter les escargots, qui plus tard deviendront cultes dans nos régions.


Mais l'alimentation va se diversifier encore plus grâce à ces rencontres entre différents groupes de population. Le progrès amène le progrès et le néolithique va prouver que ce proverbe est bien réel.
Par Histoire de la Bourgogne - Publié dans : Préhistoire
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