[62 av. JC-58 av. JC] Eduens et Séquanes contre l'ennemi Germanique

Publié le par Histoire de la Bourgogne

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a3/Maccari-Cicero.jpg/400px-Maccari-Cicero.jpgLes Séquanes subissent de plein fouet cette colonisation Suève et Harude. Et ce n'est pas fini: Arioviste, chef des Suèves, est toujours plus exigeant. Les Séquanes, pourtant vainqueur de la guerre contre les Eduens, décident de changer de camp. Ils proposent à l'ancien ennemi Eduen de lutter ensemble contre Arioviste et son peuple. Les Eduens qui déplorent, après la guerre, la perte d'une grande partie de leur cavalerie et de leurs nobles acceptent l'alliance. Le but: repousser les Suèves en dehors du pays Séquane.

Les Arvernes, de leur côté, préfèrent rester neutre.

 

 

L'alliance Gauloise va pourtant perdre cette guerre... Une bataille sanglante va donner la victoire aux Suèves: la bataille d'Admagetobriga, au printemps de l'année 60 avant Jésus-Christ. Cette bataille a lieu en Côte d'Or sur l'actuelle Pontailler-sur-Saône alors nommée Mons Arduus. Ce lieu est une frontière commune aux pays Eduen, Lingon et Séquane.

 

De chaque côté se trouve 20 000 hommes. Une bataille d'une ampleur à couper le souffle, épique va avoir lieu. Une boucherie plus sûrement... La victoire est large pour les Suèves. Une nouvelle fois, les Eduens perdent et les Séquanes vont en payer les conséquences.

 

 

Arioviste demande en guise de victoire un deuxième tiers du pays Séquane, la remise d'otages Suèves et fait du peuple Eduen (et ses clients Mandubiens) et Séquane des vassaux. Les Eduens n'apprécient guère d'être dirigés, eux qui ont longtemps dirigés les peuples Gaulois voisins. Ils envoient donc Diviciacos à Rome.

 

Diviciacos est un druide devenu vergobret des Eduens en 60 avant Jésus-Christ, soit l'année de la défaite contre les Suèves. Cette même année, il part en ambassadeur à Rome pour parler au Sénat (photo en début d'article) et demander de l'aide militaire face à Arioviste. A Rome, il est l'hôte de Cicéron (photo ci-dessous), qui habite une superbe villa du Mont Palatin (au centre de la ville), un quartier riche de la ville. Cicéron, puissant consul et son frère Quintus Tullius Cicero, préteur à Rome (sorte d'aide au consul) connaissent et sont amis du vergobret Eduen. Cicéron avait déjà rencontré Diviciacos notamment en ce qui concerne le commerce du vin en Gaule. Et puis, il a eu avec le druide (et vergobret) des discussions concernant la divination. Diviciacos est donc en terrain connu et ami.

 

 

http://boulesteix.blog.lemonde.fr/files/2008/04/ciceron.1209134220.jpg

 

 

Lorsque Diviciacos se présente devant le Sénat Romain, celui-ci lui propose de s'asseoir. L'Eduen refuse et plaide sa cause appuyé à son bouclier. La demande est acceptée: le Sénat va aider son allié Eduen.

Jules César, tout juste élu consul et à qui l'on a confié les provinces de la Gaule Cisalpine (vallée du Pô dans l'actuelle Italie) et Transalpine (côte méditerranéenne Française et Rhône-Alpes), est envoyé par le Sénat pour régler le différent.

Arioviste, qui a été rejoint par les peuples Germaniques Vangions, Triboques, Marcomans, Némètes et Sédusiens, propose à César de partager la Gaule entre Romains et Germains. Malgré le refus de Jules César, Arioviste accepte d'arrêter sa conquête de la Gaule et retourne de l'autre côté du Rhin laissant les Séquanes à nouveau sur leurs terres. Jules César offre en échange le titre "d'ami du peuple Romain" Arioviste et son peuple.

 

 

Mais les ennuis avec les peuples Germains ne font que commencer pour les Eduens et les Séquanes. Mais avant cela, c'est une autre menace qui se prépare, thème de mon prochain article.

Publié dans L'époque Gauloise

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BurgundiaPR 21/04/2010 16:18


Très intéressant, très bien écrit, merci beaucoup :)
Vive la Bourgogne !!