[58 av. JC] Migration Helvète et bataille de Bibracte

Publié le par Histoire de la Bourgogne

http://www.figurines.miniatures.de/antiques/italeri-6028-cavalerie-romaine.jpgLes Helvètes n'abandonnent pas leur idée de migration et garde ce qu'avait prévu de faire Orgétorix, malgré sa récente mort. Ils partiront avec d'autres peuples voisins comme les Boïens (qui occupaient l'actuelle Bohème), les Raurarques (qui occupaient la Ruhr), les Tulinges (36 000 âmes dont 15 000 guerriers) et les Latobices (14 000 personnes). Pour que les Germains ne profitent pas de leurs villes et villages, les Helvètes décident de tout brûler. Une fois qu'il ne reste plus rien, ils partent en direction de la Gironde actuelle. Ils ont deux solutions pour s'y rendre:

-la première consiste de passer par Genua (Genève) qui appartient aux Allobroges.

-la seconde consiste à passer par le pays Séquane, long passage entre Jura et Rhône où il est difficile de faire passer 368 000 personnes dont 92 000 armées.

 

Les Helvètes choisissent la facilité et la première solution. Mais après plusieurs péripéties, les Romains leurs refusent l'accès. Les Helvètes choisissent de se rabattre sur la 2e solution après avoir tenté de passer en force. Direction le pays Séquane. Ils obtiennent l'autorisation de ces derniers de passer. Les Romains peuvent alors oublier le problème Helvètes. Mais pour peu de temps...

 

Une fois arrivés en territoire Eduen, les Helvètes brûlent et ravagent tout sur leur passage. Devant 368 000 personnes, les Eduens sont perdus. Ils appellent Rome à l'aide. Jules César qui était à Genua, laisse des hommes sur place et se met en chasse des Helvètes. Il s'agit d'aider ce peuple Eduen, ami et allié des Romains. Mais les Romains ont une autre raison: l'Helvétie étant vide, les Germains n'auraient aucun mal à s'en emparer et ce serait un danger pour Rome. Installés à Lugdunum (actuelle Lyon), les Romains attendent les émissaires Eduens pour se lancer dans la poursuite. Une fois ces derniers arrivés, Jules César et ses six légions rattrapent une partie des Helvètes qui n'ont pas traversés l'Arar (Saône). Pris par surprise, les Romains tuent un grand nombre de leurs adversaires. Jules César fait alors construire un pont sur l'Arar pour continuer à poursuivre le reste des Helvètes. Ces derniers envoient leur chef, Divico, rencontrer César (photo ci-dessous). Le Romain propose des terres en échange de la paix. Divico accepte. Mais lorsque Jules César demande la libération d'otages et de réparer les dégâts causés sur le pays Eduen, Divico refuse!

 

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Pendant deux semaines, la chasse aux Helvètes se poursuit... Ils se rencontrent une première fois. Les Romains sont 4 000, les Helvètes seulement 500 et pourtant ceux-ci les repoussent. La cause de cette défaite est la mauvaise volonté des guerriers Eduens, qui aident les Romains dans la poursuite ou plutôt, sont supposés les aider. En effet, la cavalerie Eduenne dirigée par Dumnorix a fuit lors du combat. Liscos, vergobret Eduen et son prédécesseur Diviciacos devinent que Dumnorix veut prend la tête des Eduens et se rebeller contre les Romains. Ils découvrent même que celui-ci usait de son influence pour empêcher le blé promis par les Eduens d'arriver aux Romains.

Malgré tout, Jules César épargne Dumnorix, par simple amitié pour Diviciacos. Mais le frère de ce dernier devient alors très surveillé...

 

 

Manquant de nourriture pour ses troupes, Jules César décide de stopper la poursuite et d'aller à Bibracte pour chercher les vivres promises par les Eduens. Les Helvètes sont informés de la situation et font brusquement demi-tour pour foncer sur Bibracte.

 

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A midi, la bataille de Bibracte (qui a en fait lieu sur l'actuelle commune de Montmort) débute. 40 000 soldats Romains et Eduens d'un côté, 92 000 Helvètes de l'autre (photo ci-dessus)! Ces derniers repoussent dans un premier temps la cavalerie Romaine (photo en début d'article) mais ensuite ce sont les légionnaires qui repoussent les Helvètes. Ils vont alors se réfugier sur une montagne voisine où est établi leur camp. Boïens et Tulinges arrivent au même moment en renfort et la bataille reprend. Chacun attaque les Romains d'un côté différent. La nuit tombe. Les Helvètes et leurs alliés se réfugient derrière leurs chariots et 130 000 d'entre eux fuient. Ceux qui ont décidés de rester sont tués! Les Boïens et les Tulinges fuient aussi. Ils arrivent tout comme les Helvètes en pays Lingon, mais ces derniers ne souhaitent pas les soutenir. Helvètes, Boïens et Tulinges capitulent.

 

Jules César, ne souhaitant pas laisser l'Helvétie sans habitants car les Germains pourraient s'en emparer et devenir une menace pour le peuple Romain, renvoie les Helvètes dans leur pays d'origine. Il passe par la même occasion pour quelqu'un de clément, et donc de populaire auprès du peuple et des alliés. Sur les 368 000 Helvètes partis, seul 110 000 rentrent vivants.

Les 20 000 Boïens restants sont surtout des vieillards, des femmes et des enfants. Ne faisant pas de bons esclaves, ils sont placés en bordure de Loire (à Gorgobina, dans l'actuelle Allier) et soumis aux Eduens. Ces derniers sont sauvés de cette migration mais pour peu de temps.

 

 

En effet ils vont devoir, et cette fois-ci avec les Séquanes, de nouveau faire face à un ennemi qu'ils connaissent bien: les Germains d'Arioviste. Ce sera le thème de mon prochain article.

Publié dans L'époque Gauloise

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